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Carnet de campagne

Lundi 11 février 2008

Bonjour à tous,

Après un long silence, j'ai décidé de résumer publiquement l'état des lieux pour notre Parti concernant les élections municipales de ce mois de mars.

Aucune investiture n'a été donnée à quelque candidat que ce soit aux élections municipales par l'instance départementale, seule habilitée à le faire.

Un soutien a été apporté aux trois nouveaux membres du modem présents sur la liste d'Emmanuel Lamy, mais pas à Monsieur Lamy lui même. Ces personnes sont des membres actifs de notre parti, compétents et indépendants, à qui je renouvelle mon amitié.

Le Modem compte sur la liste de Monsieur Péricard quatre représentants : Béatrice Bruneau Latouche, ma suppléante aux législatives dans notre circonscription, (n°2), Gilles Gathelier, ancien conseiller Municipal de Villepinte, désormais installé à Saint-Germain, (n°7), Elisabeth Riboud, (n°8) et Adrien Breuillier, mon directeur de campagne, (n°31).

Puisque aucune investiture n'a été donnée, je suis autorisé par nos statuts à me prononcer, à titre personnel sur cette élection.

Je crois que la proposition d'Arnaud Péricard est celle qui répond le mieux au programme que nous avions développé ici pour les législatives : ouverture, renouvellement des pratiques et des équipes, dynamisme économique et social, pour Saint-Germain-en-Laye.

Je crois en la sincérité de sa démarche, en sa capacité et en celle de ses co-listiers à conduire pour la ville des politiques publiques innovantes, que les Saint-Germanois attendent depuis longtemps.

Je crois que Saint-Germain n'est pas en dérive, sa gestion a été régulière et sûre, mais je crois également qu'elle est en train de manquer les rendez-vous que lui ont fixés son évolution démographique et le développement économique de ses alentours.

Je crois que Saint-Germain-en-Laye mérite de l’ambition, de la jeunesse et un nouveau cap.

 

 
Je crois pour ma part qu’Arnaud Péricard dispose de ces qualités.

 

 
Amitiés démocrates,

 

 
Stéphane Larcher.

Publié le 11 février,
Edité le 12 février : rectification des places dans la liste.

Par Stéphane Larcher
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Lundi 4 juin 2007

Marché de Saint-Germain-en-Laye dimanche matin.

Il fait un temps magnifique, enfin. Nous avons choisi de distribuer des ballons orange à tous les enfants qui en feront la demande. Le succès est garanti. Nos ballons sont de couleur orange mais aucune inscription n’y figure : ni le nom du mouvement, ni celui du candidat. L’objectif est bien entendu de montrer nos couleurs mais pas de transformer les enfants en porte-drapeaux et c’est pour cela que nous l'avons décidé. Il n’empêche : un ou deux parents refusent que leurs rejetons s’en emparent sous prétexte qu’ils sont distribués par des militants MoDem. Franchement, à ce point, je suis consterné. Evidemment, que certains parents ne voteront pas pour nous et alors. Aurais-je du demander la carte de pré-adhérent avant la distribution. Quant à nos voisins de l’UMP, je ne crois pas non plus qu’ils demandaient une carte pour servir à un café à tous ceux qui en faisaient la demande. Toutefois, il serait malhonnête de ma part de ne retenir que ces quelques grincheux car tout cette matinée s’est fort bien déroulée entre tous les candidats et leurs supporters. C’est l’image que la Politique doit donner.

Dans l’après midi, nous visitons les brocantes de Bel Air puis de Fourqueux. Nous déambulons parmi la population mais sans tracts ni affiches. Les mines sont gaies, les gens rieurs.

Dans la soirée, rendez-vous avec François Bayrou pour l’enregistrement d’un message destiné à tous les habitants de la circonscription. Le président du Modem est détendu, chaleureux. Nous sommes quelques candidats à l’avoir sollicité pour cet exercice. Il s’y prête de bonne grâce, avec bonne humeur et sincérité. Vous l’entendrez dès ce soir. N’hésitez pas à me faire part de vos réactions.
Par Stéphane Larcher
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Dimanche 3 juin 2007
Les sollicitations des uns et des autres sont des plus diverses. J’entame une discussion avec un homme d’origine afghane, arrivé en France voici près de 40 ans. Les concepts qu’il manie sont élevés, très élevés. Nous ne sommes pas dans le local, ni même le national, ni même dans l’européen mais dans la nécessaire prise de conscience des habitants de la planète à la nécessité de vivre ensemble, sans renoncer à leurs différences. Il me passe en revue les problèmes de son pays natal, comparant la situation à celle d’un virus créé en laboratoire et échappant à ses laborantins.

Quelques minutes après, retour dans le plus que concret avec une femme qui me fait part de ses difficultés quotidiennes : de travail, de logement, de rapports avec les voisinages. Elle m’interpelle sur chacun des sujets. Je lui réponds sur la distinction nécessaire entre ce qui pourrait relever de mon futur rôle et de ce qui ne l’est pas. J’ajoute que je ne lui ferais aucune promesse. Elle m’en remercie et apprécie toutefois que je prenne le temps de l’écouter et de lui dire que je n’ai, ni n’aurai, pas nécessairement la réponse à ses problèmes ou ses inquiétudes.

Encore quelques minutes et me voila interrogé par une autre personne.

Que faites pour les jeunes en échec scolaire me demande-t-on. Aucun des candidats n’a évoqué ni proposé de réponse à ce problème poursuit-elle. Je formule quelques réponses, les unes sur quelques actions menées par le précédent gouvernement visant à mieux valoriser les acquis de l’expérience et les autres sur le programme de François Bayrou mettant la priorité absolue sur l’Education. Elle m’écoute, attentive, puis me répond. D’accord avec ce que vous dites vais vous ne répondez pas à ma question. Je ne vous parle pas du futur mais du présent, de tous ces enfants qui ont connu l’échec scolaire, ont été orienté et réorienté et se retrouve au début de l’âge adulte sans formation, sans diplôme, sans perspective. Des jeunes comme cela, il y en a pratiquement dans toutes les familles et dans tous les milieux sociaux, poursuit-elle. Cette dame a malheureusement raison. Je ne le sais que trop. Je lui dis. Aucun des candidats majeurs n’a sans doute été suffisamment à la hauteur de cet enjeu pourtant essentiel pour que les familles retrouvent l’espoir. Pour eux et leurs enfants. Comment répondre à ces vies qui commencent et qui sont déjà en partie brisées. Je n’ai pas la réponse et existe-t-il une seule ? Mais j’ai une certitude. Sur un sujet comme celui-là comme sur la situation des banlieues défavorisées, pas un camp plus qu’un autre ne dispose de la recette miracle et la seule solution acceptable consiste à se mettre tous autour de la table, oublier nos étiquettes partisanes et trouver ensemble des remèdes. C’est uniquement à cette condition, dans la concorde républicaine, que nous trouverons les bonnes solutions.
Par Stéphane Larcher
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Samedi 2 juin 2007
2 sur 12 dans la 6ème circonscription et 1 sur 11 au gouvernement

Ce matin, je me fais houspiller sur ma messagerie par une sympathisante. Vous n’avez pas signé le pacte écologique, m’écrit t-elle. Je lui réponds immédiatement. Si, je l’ai signé, mais il faut des vérifications et peut-être ma signature n’a-t-elle pas encore été prise en compte. Après la première réunion du café Larcher (un grand merci à tous les participants : l’échange a été de mon point de vue très constructif et une nouvelle fois représentatif de la diversité du MoDem), je retourne sur mon ordinateur vérifier que ma signature a bien été enregistrée.

Elle l’est, tant mieux. Poursuivant mes investigations, je vais regarder la situation dans la circonscription et là, surprise, nous ne sommes que deux, Serge Gardenal et moi.  Aucun autre candidat ne s’est engagé sur cette évidence. Que certains candidats s’y refusent, je le conçois car telle est leur position au niveau national. Que d’autres n’aient pas pris les quelques minutes nécessaires à déposer leur auguste paraphe, je pourrais encore le comprendre, quoi que le sujet soit d’extrême importance. Mais que notre circonscription accueillant deux candidats estampillés écologistes ne figurent pas dans cette liste, voilà bien quelque chose qui m’interpelle. A la rigueur, je pourrais saisir qu’on néglige de s’intéresser à ce pacte dans un territoire à dominante industrielle mais dans notre circonscription, j’avoue que cela me dépasse. La forêt de Saint Germain par ci, les infrastructures routières par là, les uns et les autres n’ont pas de mots assez lyriques pour vanter la richesse de notre patrimoine et la nécessaire sauvegarde et blablabla et blablabla. Mais dans les faits, qui s’engage à une semaine du premier tour ? Ni le candidat du parti socialiste, ni le candidat UMP, ni les autres n’ont jugé bon de s’engager sur ces points, très importants au niveau national et déterminants voire vitaux pour notre circonscription. De fait, on s’étonnera de moins en moins que des Verts nous rejoignent les uns après les autres considérant que nous avons la volonté de mettre nos actes en cohérence avec nos discours. Une preuve supplémentaire, s’il en était besoin, de la duplicité d’une partie du personnel politique.

Terminons en précisant que le MoDem est de toutes les formations politiques d’importance, celle qui s’est le plus fortement engagée, et de très loin. Signalons enfin que au moment où nous publions cet article, à l’exception heureuse d’Alain Juppé, aucun des membres du gouvernement se présentant aux élections ne l’a signé pas même le Premier Ministre. Souhaitons que les électeurs s’en souviennent.
Par Stéphane Larcher
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Jeudi 31 mai 2007
Bonjour à tous,

Je voulais profiter de l'occasion pour vous adresser de chaleureux remerciements pour tout ce que vous faites dans cette campagne. Demain nous avons un premier rendez-vous important au café Larcher qui nous permettra d'aborder la dernière semaine, celle pendant laquelle il faudra tout donner.
 

Les indications que je peux avoir montrent que nous sommes sur la bonne voie et que notre présence est prise au sérieux.
 
 
Stéphane Bessac du Courrier des Yvelines va nous suivre ce week end pour un papier sur les 3 principaux candidats, à savoir Morange, Abisserror et moi.
 

Par ailleurs , je vous invite à lire un papier du Nouvel Observateur de cette semaine où je suis cité comme l'un des candidats pouvant créer la surprise pour le Modem.
 

Je vous remercie une nouvelle fois pour le travail extraordinaire que vous accomplissez. En très peu de temps, nous avons réussi à installer cette candidature et c'est surtout gràce à votre enthousiasme et vos actions.
 

J'espère avoir le plaisir de vous retrouver demain et les jours prochains.
Bien à vous tous

Stéphane Larcher
 

Par Stéphane Larcher
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Jeudi 31 mai 2007
Par Stéphane Larcher
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Lundi 28 mai 2007
Saint-Germain-en-Laye,

En visite dans une ville inondée sur les bords de la Loire, le maréchal de Mac-Mahon, brillant militaire mais faible orateur, répondît à des journalistes le bien insignifiant : que d’eau, que d’eau. La phrase est toutefois passée à la postérité. Nous n’en sommes pas encore là sur les bords de Seine mais la pluie redouble de violence dans l’après-midi et nos rues en pente sont autant de mini-torrents. Accompagné de mon directeur de campagne, nous arpentons le quartier du Bel Air et plus spécialement la dalle qui semble se mourir.

Certes, nous sommes lundi de Pentecôte, ce jour férié-travaillé que ne renierait pas le roi Ubu mais pour poursuivre les métaphores napoléoniennes, ce bout de quartier me fait penser à Victor Hugo : « Waterloo, Waterloo, morne plaine. Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine ». Le reste du quartier est vivant, rutilant et cette dalle perdue fait un peu peine. Une commerçante nous décrit la situation. On ne sait pas ce qui va se passer. On parle de la détruire pour découvrir la rue Berlioz située en contrebas. Je ne comprends pas l’intérêt de casser alors qu’il serait sans doute possible, à moindre frais, de réhabiliter, de redynamiser. Je sais bien que ceci n’est pas du ressort du député mais il ne lui est pas interdit de s’y intéresser, d’écouter la population, voire de proposer. De ce point de vue, les débats participatifs, s’ils ne se résument pas à une fumisterie électorale, sont certainement l’un des moyens de faire progresser la démocratie locale.

Une satisfaction dans ce mini-déluge. Les affiches électorales sont à l’image du candidat : waterproof. Quand mes adversaires plient et palissent sous l’eau, notre affiche orange résiste fièrement aux intempéries. Un grand merci à l’imprimeur pour la qualité de son papier et à notre équipe de colleurs pour le soin qu’ils ont apporté à l’affichage.
Nous poursuivons notre visite, cette fois en voiture, dans Mareil-Marly. Nous en faisons le tour encore et encore, explorant les rues et les chemins, admirant les superbes maisons. « La vie est là, simple et tranquille. La rumeur-là, vient de la ville », écrivait Verlaine depuis sa geôle. Notre auto est une prison et les rumeurs viennent d’autres villages. Glissons.

Retour à Saint Germain. Un passage devant la Cour Larcher où j’espère nous nous retrouverons bientôt. Nous souhaitons faire un tour au spectacle proposé par cinq associations. Le spectacle est commencé, la salle est plongée dans le noir. Nous passons quelques minutes devant l’expo puis repartons comme nous sommes venus. Discrètement. Sans tracts, ni déclarations intempestives. Faire campagne n’impose pas, je crois, de déclamer son identité ou ses propositions à toute heure du jour et devant chaque personne que vous croisez, particulièrement des jeunes venus voir un spectacle et pas un discours politique de tel ou tel candidat, aussi bien intentionné soit-il.

A la sortie, je m’en ouvre à mon directeur de campagne. Il acquiesce et je le crois sincère. C’était la politique de papa ou de grand-papa, me dit-il. Aller voir les gens tout le temps. Leur serrer la main puis repartir. Cela a réussi à certains. Parmi les surnoms affublés au précédent Président de la République, « serre-la-louche » est l’un de ceux qui lui est resté le plus longtemps. Toutefois dans son cas particulier, cela fonctionnait parce que Jacques Chirac aime profondément les gens et dégage un charisme et un magnétisme tout à fait extraordinaires – que j’ai eu l’occasion de vérifier plusieurs fois et encore récemment au précédent Salon des Maires de France. A cette occasion, le désormais ancien Président s’était livré à la foule d’élus durant près d’une heure au grand désespoir de son service de sécurité.

Ce sentiment de proximité totale et sincère, je l’ai retrouvé avec François Bayrou et c’est l’une des raisons de mon engagement à ses côtés. Pour faire de la politique, il faut aimer les gens. C’est mon cas et c’est pour cela que j’aime faire cette campagne…sous la pluie.
Par Stéphane Larcher
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Dimanche 27 mai 2007
Dimanche 27 mai

Marché de St-Germain-en-Laye un peu après 10 heures. Malgré la pluie qui commence, l’ambiance me semble plus détendue que la semaine précédente. J’échange quelques mots avec des militants UMP qui m’indiquent où sont nos propres militants. Là encore, il y a progrès car la semaine précédente leurs réactions étaient franchement hostiles. On peut être adversaires et se respecter. C’est en tous cas ce que souhaite faire et je suis ravi de voir que les amis de Pierre Morange y souscrivent également.

Je croise le député. Nous nous serrons la main ou, plus exactement, je lui serre la main : son emprise est en revanche démesurément musclée... Peine perdue. Je ne suis pas particulièrement musculeux mais 10 années à tenir une épée, un fleuret ou un sabre vous forgent une certaine solidité dans la dextre. Pour le reste, c’est un bonjour, comment allez-vous, mutuel et républicain et c’est très bien ainsi..

Je discute quelques instants avec le Maire Emmanuel Lamy. Une fois encore, l’entretien est courtois à défaut d’être chaleureux. Puis il s’en va distribuer des tracts pour le candidat UMP. Cela me surprend. Je comprends parfaitement que monsieur le Maire soutienne et affiche son soutien au candidat de son parti politique. Je suis en revanche plus étonné que le Premier magistrat de la ville se comporte comme n’importe quel militant. Toutefois, la pluie redouble et tout le monde s’éparpille sauf le normand que je suis, sans doute habitué aux intempéries.

Quelques minutes avant, j’ai échangé quelques mots avec Patrick Abisseror, le candidat du Parti Socialiste. L’un de mes sympathisants se dirige vers nous. Alors vous tractez ensemble ? me demande-t-il ? Non, mais nous nous parlons, lui réponds-je. Il rit. Patrick Abisseror un peu moins mais fait bonne figure. La discussion devient plus politique et je sens la tension s’installer. Je mets un terme à l’échange et retourne voir les habitants. Il y a beaucoup d’encouragements et c’est un véritable rayon de soleil. La pluie ne m’atteint pas. Je suis presque seul au milieu de la rue. Tout le monde s’est abrité. Les commerçants comme les clients constatent que ma détermination et mon envie d’aller à leur rencontre ne sont pas feintes, qu’il pleuve ou pas.
Par Stéphane Larcher
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Samedi 26 mai 2007

Un de nos adhérents distribue un tract. La personne regarde la photo, relève la tête et constate que l’image est conforme au bonhomme qui se tient à ses côtés.

Nous engageons la conversation. Je ne suis pas certain que cette femme soit convaincue par les idées que nous défendons. Il n’empêche. La discussion est – de mon point de vue – toujours enrichissante, même et surtout lorsque vos interlocuteurs ne sont pas d’accord avec vous, j’y reviendrais. Nous commençons à échanger quelques propos sur des dossiers nationaux et locaux, en particulier l’A104 pour laquelle les Achérois ont le sentiment - que je partage - d’être les dindons de la farce. Tout à coup, un militant du parti socialiste surgit, met d’autorité son prospectus dans la main de mon interlocutrice et lance l’argument imparable : lui, il n’habite pas Achères. Puis, il s’en va.

Aurais-je voulu lui répondre qu’il était trop tard. Je n’habitais pas Achères et c’était suffisant pour me discréditer et surseoir à notre dialogue. L’ami des lettres en général et de Cyrano de Bergerac en particulier ajoutés au bretteur que je suis auraient du me souffler : « Un peu court, jeune homme … On aurait pu dire bien des choses en somme. ». Mais je n’ai pas voulu répondre à mon interlocuteur, déjà parti vers d’autres moulins cervantesques.
Je ne réside pas à Achères. L’argument doit être imparable et doit suffire à me discréditer aux yeux des Achérois.

Pour être légitime, faut-il donc que je possède 7 demeures, soit autant de villes qui composent la circonscription pour laquelle je défends mes idées. Et comment font alors certains de mes homologues des Yvelines qui regroupent 60 à 100 villages. Les candidats doivent ils habiter partout où ils passent ? Je n’épiloguerais pas mais je trouve que l’argument manque singulièrement de force. J’accepte et revendique le débat. L’interlocutrice avec laquelle j’ai poursuivi la discussion s’est opposée à certaines de mes propositions. Nous avons été d’accord sur d’autres. Elle votera pour moi ou pas, mais certainement pas parce que j’habite ou n’habite pas Achères. Les électeurs sont intelligents et se moquent de ces billevesées.

Plus tard, je retrouve une de mes collaboratrices. Elle est en grande discussion avec une dame de quatre-vingts et quelques étés. « Vous savez monsieur, je suis née communiste et je mourrais communiste. » La logique électorale aurait voulu que je tourne le dos aussitôt. Cette logique ne me plaît pas. Immédiatement, cette dame m’a dit qu’il ne fallait pas que je compte sur elle, électoralement s’entend. Et alors. Alors, c’est pour cela que nous avons assez longuement discuté. De sa ville ; de la vie ; des avantages toujours promis aux mêmes ; des échecs presque toujours consacrés. Une de ces amies – beaucoup plus jeune d’un printemps mais à laquelle j’aurais donné 10 à 15 ans de moins – nous rejoint. Nous poursuivons l’échange. « Vous savez, je suis communiste mais je ne suis pas bornée ». Je n’en doute pas », lui réponds-je. Et tout le monde rit. Cette dame ne votera pas pour moi mais j’ai passé un formidable moment. C’est cela l’engagement politique. Lorsque je serai élu, je retournerai la voir pour lui demander ce qu’un député de la nation, pas forcément de son bord politique, peut faire pour elle et les gens qu’elle défend. C’est, je crois, le sens d’un engagement, d’une volonté.

Plus tard dans l’après midi nous nous retrouvons à la fête foraine. Là encore, les gens sont chaleureux. C’est une fête de village pas un meeting politique. Il convient de se faire discret. Nous le comprenons. Un monsieur vient vers moi. Pourquoi vous venez si tard, me demande-t-il ? Je ne comprends pas. Il reprend : nous ne voyons personne. Au moment de la présidentielle, ils étaient tous là et maintenant c’est fini. Moi je suis venu et je vous écoute, lui dis-je. C’est vrai. Vous, vous êtes là.
Par Stéphane Larcher
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Samedi 26 mai 2007
De toutes les couleurs. Une réunion de militants à Saint Germain. Chacun se présente. Je viens de la gauche, de la droite. J’ai fait partie du RPR. Il manque des verts, dis-je. Nous sommes tous écologistes, répond un autre. C’est la première fois que je me décide à adhérer à un mouvement politique. Je suis UDF depuis plus de 10 ans. Je suis blanc, je suis noir. Je suis un peu des deux. Mes parents viennent d’Italie. Je suis avocate. Je suis élu local. Je travaille dans le marketing, dans les technologies, dans le social. Dans notre réunion, un concentré miniature de la diversité de notre mouvement : par l’âge, la couleur de peau, la profession, l’origine sociale …

Et c’est sur ce constat que je démarre mon intervention. Nous venons de partout avec une volonté commune : s’écouter, s’enrichir des expériences et des sentiments de chacun. Le respect de l’autre ; de son parcours, de ses échecs, de ses doutes.

Pas de solution toute faite mais la volonté commune de réfléchir ensemble à ce qui sera la meilleure solution.
La volonté aussi de décider et de peser sur la vie politique. Ces nouveaux adhérents veulent participer activement à la vie publique et non plus simplement « faire le quatrième », comme on dit au bridge. On prête à Jacques Chirac ce propos : « les centristes, ca se roule dans la farine et ca se fait frire ». Depuis 2002, François Bayrou a refusé cette maxime. Aujourd’hui, les 75.000 pré-adhérents du MoDem montrent qu’ils la refusent également.
Par Stéphane Larcher
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