Les sollicitations des uns et des autres sont des plus diverses. J’entame une discussion avec un homme d’origine afghane, arrivé en France voici près de 40 ans. Les concepts qu’il manie sont
élevés, très élevés. Nous ne sommes pas dans le local, ni même le national, ni même dans l’européen mais dans la nécessaire prise de conscience des habitants de la planète à la nécessité de vivre
ensemble, sans renoncer à leurs différences. Il me passe en revue les problèmes de son pays natal, comparant la situation à celle d’un virus créé en laboratoire et échappant à ses
laborantins.
Quelques minutes après, retour dans le plus que concret avec une femme qui me fait part de ses difficultés quotidiennes : de travail, de logement, de rapports avec les voisinages. Elle
m’interpelle sur chacun des sujets. Je lui réponds sur la distinction nécessaire entre ce qui pourrait relever de mon futur rôle et de ce qui ne l’est pas. J’ajoute que je ne lui ferais aucune
promesse. Elle m’en remercie et apprécie toutefois que je prenne le temps de l’écouter et de lui dire que je n’ai, ni n’aurai, pas nécessairement la réponse à ses problèmes ou ses
inquiétudes.
Encore quelques minutes et me voila interrogé par une autre personne.
Que faites pour les jeunes en échec scolaire me demande-t-on. Aucun des candidats n’a évoqué ni proposé de réponse à ce problème poursuit-elle. Je formule quelques réponses, les unes sur quelques
actions menées par le précédent gouvernement visant à mieux valoriser les acquis de l’expérience et les autres sur le programme de François Bayrou mettant la priorité absolue sur l’Education.
Elle m’écoute, attentive, puis me répond. D’accord avec ce que vous dites vais vous ne répondez pas à ma question. Je ne vous parle pas du futur mais du présent, de tous ces enfants qui ont connu
l’échec scolaire, ont été orienté et réorienté et se retrouve au début de l’âge adulte sans formation, sans diplôme, sans perspective. Des jeunes comme cela, il y en a pratiquement dans toutes
les familles et dans tous les milieux sociaux, poursuit-elle. Cette dame a malheureusement raison. Je ne le sais que trop. Je lui dis. Aucun des candidats majeurs n’a sans doute été suffisamment
à la hauteur de cet enjeu pourtant essentiel pour que les familles retrouvent l’espoir. Pour eux et leurs enfants. Comment répondre à ces vies qui commencent et qui sont déjà en partie brisées.
Je n’ai pas la réponse et existe-t-il une seule ? Mais j’ai une certitude. Sur un sujet comme celui-là comme sur la situation des banlieues défavorisées, pas un camp plus qu’un autre ne
dispose de la recette miracle et la seule solution acceptable consiste à se mettre tous autour de la table, oublier nos étiquettes partisanes et trouver ensemble des remèdes. C’est uniquement à
cette condition, dans la concorde républicaine, que nous trouverons les bonnes solutions.
par Stéphane Larcher
publié dans :
Carnet de campagne
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